sacré coeur

sacré coeur
Et j'avais le sacré cœur gros comme ça et j'avais
le sacré cœur qui palpitait tout bas je savais même
pas pourquoi j'ai demandé aupassants s'il avait été heureux
un court instant mais les touristes ne sont pas
tristes Ils te font des sourires gentils un peu gènés
mais très polis mais des fois va savoir pourquoi alors
que tout Paris t'ouvre les bras tu te retrouves collé
sur un pavé avec un sacré cœur gros comme toi et
même ces femmes tout autour de toi qui viennent du monde
entier pour te mater d'un regard qui fuit dans leurs
fantasmes d'un Pigalle remplit d'apaches du Belfégor
de la pyramide et la main de leur sœur dans
la culotte du pont de l'Alma et même ces femmes de
toutes les couleurs ne t'arrachent pas de cette torpeur
Qui t'es venue tu sais même plus d'où et qui te colle là
Partout quand des fois va savoir pourquoi alors que tout
Paris t'ouvre les bras tu t' retrouves collé sur un pavé
avec un sacré cœur gros comme ça et c'est pas pour
Ça que je vais aller courir dans le lit de la seine pour y
Dormir pas pour ça que je vais aller chialer dans la
cour d'un ancien trop ancien amour

# Posté le jeudi 28 octobre 2004 14:43

Modifié le dimanche 12 décembre 2004 05:35

Il ne suffit pas (frère misère)

Il ne suffit pas (frère misère)
Il ne suffit pas de s'offusquer
Quand on tue un étranger
De dire que la France à la merde au cul
Qu'à Orange Toulon ça pue
Il ne suffit pas de s'étonner devant les scores
De Le Pen
Répéter mille fois ça m'fait de la peine
Il ne suffit pas de dire ce sont des gros cons
Ni d'écrire de grands articles à sensation
Il ne suffit pas de crier au loup pour ces chiens
Cette meute qui rameute en notre sein
Il ne suffit pas de condamner ces condamneurs
De dénoncer ces dénonceurs
Il ne suffit pas de gueuler plus jamais ça
Et tranquillement rentrer chez soi
Alors que lui il va voter
Son meilleur moyen pour nous niquer
Le cyclope dans sa grotte fuma sa gauloise
En écoutant sa putain de musique bavaroise
Mais qu'est-ce qu'on peut faire
Ils savent mieux que toi faire la guerre
Qu'est-ce qu'on peut faire
Ah putain
Des chansons à la con

# Posté le jeudi 28 octobre 2004 14:24

Nouvel album

Nouvel album
Mano Solo à demi nu, allongé au milieu d'une horde de chiens noirs. l'illustration du huitième album du chanteur peut pourtant induire en erreur : le contenu est loin d'être aussi sombre, l'homme n'y est pas qu'un loup pour ses congénères, et l'artiste n'y mord pas en hurlant à la lune. Le virage avait déjà été bien amorcé depuis deux disques : il y avait d'abord eu Dehors (2000) au titre qui sortait le nez du nombril pour le pointer là où il fait beau. La marche (2002) suivait la même cadence, offrant un live éclairé de titres plus ou moins récents mais tous revisités avec énergie. Les animals est donc la séance de rattrapage pour ceux qui voudraient encore s'étonner du nouveau faciès de "l'ange noir de la chanson" décidément disparu. Et pourtant, Mano reste Mano, les aficionados en demeurent convaincus. Un double visage donc, à la fois familier et déstabilisant.


Au départ, une bonne partie de ces chansons était destinée à Juliette Gréco, mais les choses ne pouvant se finaliser avec la dame, Mano Solo les a gardées pour son propre compte. Il a fallu changer certains mots, éliminer quelques féminins, mais le voilà doté d'une moitié d'album plus doux et tendre qu'à son habitude. Se rajoutent aussi trois titres plus anciens et bien revigorés : Moi j'y crois jamais enregistré jusque-là, Rien est à toi qui ne figurait que sur le live sous le titre de Une petite seconde et Barbes-Clichy (sur l'album Les années sombres, 1995) dans une version Barrio Barbes méconnaissable. Il faut dire que de chanter Paris en jouant la carte de l'Amérique du sud était déjà inattendu, mais de faire de cette chanson un duo (avec Balbino Medelin) tient du miracle. Mano rompt avec la carte Solo, ouvre définitivement sa porte aux autres, et le difficilement envisageable d'hier est au menu d'aujourd'hui. Jusqu'aux Têtes Raides qui offrent eux aussi une participation instrumentale sur le titre Botzaris


Un cocktail donc où encore plus loin que Dehors, les frontières sont repoussées vers des tempos et des colorations d'ailleurs. Le titi reste fidèle à Paris mais fait de larges crochets par le Mexique, entraîne sur un rythme ska avant de repartir chez les manouches, dans la péninsule ibérique ou encore en Afrique. Paname est toujours là, entre deux pavés ou dans un graffiti, mais les textes soignés comme souvent tendent leurs phrases vers l'amour et la vie. Et même lorsqu'il s'agit de pousser son chant des partisans (Du vent), Mano gronde après le Medef et Sarkozy en terminant encore sur du positif : "Un soir dans le vent/ je rejoindrai les partisans/ de ceux qui ont de l'amour pour la vie". Rien ne semble donc résister à son énergie et les sentiments se voient consacrés au point d'avoir une chanson qui leur soit entièrement dédiée (Sentiments) ou d'en être contagieux comme dans l'hymne à l'amour du Moi j'y crois : "Paraît que l'amour ça t'aide quand t'es triste/ y paraît même que ça rend complice/ il paraît que ça fait des trucs profonds/ qu'on efface pas d'un coup de torchon/ ./ et moi j'y crois quand je te vois en face de moi."


Même la voix est plus posée, mature, solide. Le vibrato est toujours là, mais plus maîtrisé, moins écorché, moins arraché. Il n'y a guère que sur les chansons africanisées qu'elle se colle le moins bien. Et si d'aucun grince encore les dents de ne plus y voir le Vive la révolution qui faisait sa signature, de ne plus l'entendre cracher sa rage ou faire la peau à la mort, cela ne concerne qu'eux. Mano Solo est pourtant encore bien présent dans ses lignes, ses ironies, ses métaphores et sa gouaille. C'est le même, mais plus loin. "Je n'ai plus ce sentiment si violent, si violent qui malaxait mon présent/./ je sais qui je suis hier comme aujourd'hui dans la fureur ou sans bruit: je ne suis l'ombre de personne". (Savane)


Il reste tout de même que ce nouvel album peut se révéler déstabilisant aux premières écoutes, plus évident mais moins enivrant. Il faut du temps pour y entrer complètement, y adhérer. Somme toute, Les animals est à apprivoiser.

# Posté le jeudi 28 octobre 2004 14:09

Modifié le dimanche 12 décembre 2004 05:36

trop de silence

trop de silence
Sans toi, sans moi, sans nous, sans rien.
Comme en vacances dans un pays aux murs trop blancs,
où viennent en nombre buter les idées sombres,
sur les décombres d'un cœur qui sombre.
Il y a trop, beaucoup trop de silence dans mes vacances.
Sans te parler, sans t'appeler,
sans t'écrire, sans rien choisir,
sans rien attendre, sans rien entendre,
sans rien comprendre.
Sans sentir ta voix et tes mots posés sur moi.
Sans entendre la musique de ta peau sur mes draps.
Il y a trop, beaucoup trop de silence dans mes vacances.
J'ai pas vu ce matin sortir tes fesses de nos draps sales.
J'ai pas senti ta main sur mes cheveux,
comme pour me réchauffer le rêve.
Encore moins ton souffle dans mon cou,
ni tes lèvres me susurrer un au revoir,
à plus tard.
Tout ça, ça me fait penser qu'hier non plus.
En pleine lumière sans un coin d'ombre
bien trop sincère pour pas être tout seul au monde.
Comme un chien dans l'arène de mon propre désir,
j'aboie à perdre haleine, je supplie la fin du martyr.
Mais les habits de lumière ne tireront jamais leur gloire
à me faire toucher terre, on coupe les phares,
fini la fanfare, je reste dans le noir.
Il y a trop, beaucoup trop de silence dans mes vacances.

# Posté le vendredi 11 juin 2004 10:21

Modifié le vendredi 11 juin 2004 13:41

tous les jours

tous les jours
Tous les jours sont pour moi comme quand on descend d'un train
Et qu'on aimerait bien qu'il y ait quelqu'un
Juste un petit cœur tendre, qui serait là à m'attendre
Mais sur le quai, y a pas la foule, juste deux trois connaissances
Le désir, la mort, la malchance
J'ai fait comme si je les avais pas vus
Mais c'est eux qui me collent au cul
Fera-t-il jour un jour dans ma nuit de l'amour
Me lèverai-je un matin avec autre chose que du chagrin

Tu me manques, je sais même plus combien
J'ai jamais su compter si loin.

J'ai dû croiser trop de chats noirs et il pleuvait des enclumes
Toujours dans la côte et jamais le vent dans le dos
Alors je continue, je monte sur scène, j'y crache ma peine
Et je continue ce n'est que ma vie
Excuse-moi du peu, excuse-moi de l'odeur
Excuse-moi pour tout, excuse-moi de la peur

# Posté le vendredi 11 juin 2004 10:20

Modifié le vendredi 11 juin 2004 13:42